Un institut au cœur d'Anthropic
Anthropic a annoncé le 11 mars 2026 la création de l'Anthropic Institute, une nouvelle entité dédiée à l'étude des impacts sociétaux, économiques et juridiques de l'IA. Le cofondateur Jack Clark prend la tête de l'institut avec le titre de Head of Public Benefit.
L'institut fusionne trois équipes internes existantes : la Frontier Red Team (tests de vulnérabilités des modèles), le groupe Societal Impacts (analyse des usages réels de Claude) et la division Economic Research (impact sur l'emploi et l'économie).
Des recrues de poids
Plusieurs chercheurs rejoignent l'institut :
- Matt Botvinick, ancien directeur de recherche chez Google DeepMind, dirigera les travaux sur l'IA et les systèmes juridiques
- Anton Korinek, professeur d'économie à l'université de Virginie, étudiera comment l'IA transforme l'activité économique
- Zoë Hitzig, qui a quitté OpenAI, fera le lien entre la recherche économique et l'entraînement des modèles
Sarah Heck, ancienne du Conseil de sécurité nationale américain et de Stripe, est nommée Head of Public Policy. Un bureau à Washington DC ouvrira au printemps 2026.
Une étude choc sur l'emploi
L'institut s'appuie notamment sur une étude publiée le 5 mars, « Labor market impacts of AI », qui introduit la métrique observed exposure — combinant le potentiel théorique des LLM et les données réelles d'utilisation de Claude.
Résultats clés : les programmeurs affichent 75 % d'exposition, mais l'adoption réelle reste bien en deçà du potentiel (33 % d'usage effectif contre 94 % de capacité théorique en informatique). 30 % des travailleurs ont une exposition nulle. Les embauches des 22-25 ans dans les secteurs exposés ont chuté de 14 % depuis ChatGPT.
« Des progrès dramatiques dans les deux ans »
Dario Amodei, CEO d'Anthropic, avertit que « l'humanité est sur le point de recevoir un pouvoir presque inimaginable ». L'entreprise prédit des avancées « bien plus dramatiques » dans les deux prochaines années, justifiant l'urgence de cette initiative.
Le lancement intervient en plein conflit avec le Pentagone, qui a blacklisté Anthropic le 27 février pour « risque supply chain ». Anthropic a porté plainte le 10 mars. La création de l'institut et l'ouverture du bureau DC signalent une stratégie d'influence institutionnelle à Washington.