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ChatGPT intègre la publicité : OpenAI vise 1 Md$ de revenus pub avec un CPM à 60 $

10 févr. 2026 3 min de lecture Paul Forcadel
ChatGPT intègre la publicité : OpenAI vise 1 Md$ de revenus pub avec un CPM à 60 $

Le « dernier recours » est arrivé

En mai 2024, Sam Altman qualifiait la publicité de « dernier recours » pour financer OpenAI. Moins de deux ans plus tard, le 9 février 2026, la société lance officiellement un test de publicités dans ChatGPT pour les utilisateurs américains des tiers Free et Go (8 $/mois). Les abonnés Plus (20 $), Pro (200 $), Business, Enterprise et Education restent épargnés. Avec plus de 300 millions d'utilisateurs actifs hebdomadaires, ChatGPT devient le plus grand canal publicitaire conversationnel au monde.

Un positionnement ultra-premium

OpenAI ne joue pas dans la même cour que Google ou Meta. Le CPM (coût pour mille impressions) est fixé à environ 60 $, soit sept fois celui de Meta ou Snapchat. Le ticket d'entrée pour les annonceurs est d'au moins 200 000 $ — certains ont reçu des propositions allant jusqu'à 250 000 $. Le modèle est en pay-per-impression, pas au clic. L'objectif affiché : 1 milliard de dollars de revenus publicitaires annuels, un chiffre ambitieux mais cohérent avec la trajectoire de revenus d'OpenAI (ARR passé de 2 Md$ en 2023 à plus de 20 Md$ en 2025).

Des garde-fous affichés

Les annonces apparaissent comme des blocs distincts sous les réponses de l'IA, clairement identifiés comme promotionnels. OpenAI énonce cinq principes : indépendance du modèle (les pubs n'influencent pas les réponses), séparation stricte contenu/publicité, aucune revente de données, contrôles de personnalisation pour l'utilisateur et déploiement responsable. Les publicités sont exclues des sujets sensibles — santé, santé mentale, politique — et ne sont pas montrées aux mineurs. Les utilisateurs peuvent même demander à ChatGPT pourquoi une publicité spécifique leur est affichée.

Le ciblage contextuel, pas comportemental

Le ciblage repose sur le sujet de la conversation en cours, les historiques de chat et les interactions passées avec les publicités. Par exemple, un utilisateur cherchant des recettes pourrait voir une annonce de livraison de courses. OpenAI insiste : les conversations restent privées et ne sont jamais partagées avec les annonceurs.

Une onde de choc dans l'industrie

Le virage publicitaire d'OpenAI redéfinit l'équation économique de l'IA conversationnelle. Anthropic s'est immédiatement positionnée contre, refusant toute publicité. Google explore discrètement des liens commerciaux dans Gemini pour le voyage et la restauration, tandis que Microsoft pourrait suivre avec Copilot. Le risque identifié par les analystes dépasse la simple monétisation : quand des agents IA gagnent le pouvoir d'exécuter des transactions, la publicité ne suggère plus — elle déclenche des comportements. Sarah Friar, CFO recrutée de Nextdoor, pilote cette transformation qui pourrait faire d'OpenAI le prochain géant publicitaire.

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Sources

Références et articles originaux

Rédigé par

Paul Forcadel

Paul Forcadel

Fondateur & Rédacteur en chef

Passionné d'IA et de technologies émergentes, Paul décrypte les dernières avancées en intelligence artificielle pour les rendre accessibles à tous.

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