Dans un rapport publié le 13 mars, Morgan Stanley avertit que le monde n'est pas préparé au bond en intelligence artificielle attendu au premier semestre 2026. La banque estime que la percée sera portée par l'accumulation sans précédent de puissance de calcul dans les grands labos IA américains.
GPT-5.4 au niveau des experts humains
Le modèle GPT-5.4 « Thinking » d'OpenAI a obtenu 83 % sur le benchmark GDPVal, un test mesurant la capacité des agents IA à produire un travail de qualité professionnelle dans 44 métiers. Morgan Stanley estime que le marché « n'est pas préparé à l'augmentation non linéaire des capacités des LLM ». Sam Altman, CEO d'OpenAI, confirme : « Le monde n'est pas prêt. Des modèles extrêmement capables arrivent bientôt, plus vite que je ne le pensais. »
2 900 Md$ d'investissements d'ici 2028
La banque chiffre à 2 900 milliards de dollars les coûts de construction de data centers IA à l'échelle mondiale d'ici 2028, dont plus de 80 % restent à dépenser. L'infrastructure IA représente déjà environ 25 % de la contribution à la croissance du PIB américain en 2026. Côté entreprises, 21 % des sociétés du S&P 500 citent désormais l'IA comme levier de performance, contre 10 % en 2024.
Énergie : un déficit de 9 à 18 GW
Morgan Stanley projette un déficit énergétique net de 9 à 18 gigawatts aux États-Unis d'ici 2028, soit 12 à 25 % de la capacité nécessaire pour alimenter les data centers IA. Pour y pallier, d'anciens centres de minage de Bitcoin sont reconvertis et des solutions alternatives (turbines à gaz, piles à combustible) sont déployées.
Emploi : la « recalibration » des compétences
Plutôt qu'un remplacement brutal, le rapport évoque une « recalibration des compétences » : les travailleurs seront repositionnés vers l'orchestration de systèmes autonomes, la vérification des sorties IA et l'innovation stratégique. Les cols blancs seront les plus touchés, les modèles de frontière excellant en logique, synthèse et génération créative. Morgan Stanley identifie trois catalyseurs : l'efficacité du calcul, les workflows agentiques et l'intégration multimodale.