100 milliards évaporés
En septembre 2025, Nvidia et OpenAI signaient une lettre d'intention pour un partenariat infrastructure de 100 milliards de dollars — de quoi alimenter 10 gigawatts de puissance de calcul, l'équivalent de la consommation électrique de pointe de New York. Cinq mois plus tard, le deal est mort.
Le Wall Street Journal révèle fin janvier 2026 que les négociations sont "on ice". Aucun contrat n'a été signé, aucun dollar n'a changé de mains. L'action Nvidia décroche de 9 % en cinq jours.
Pourquoi ça a capoté
Nvidia doute du modèle économique d'OpenAI. Jensen Huang a critiqué en privé un "manque de discipline" dans l'approche business de Sam Altman, s'inquiétant de la concurrence croissante de Google et Anthropic.
OpenAI juge les puces Nvidia insuffisantes. Selon Reuters, OpenAI considère que les derniers chips Nvidia ne sont "pas à la hauteur" pour l'inférence IA — le processus qui fait tourner les modèles en production. OpenAI a signé en parallèle des contrats majeurs avec AMD, le concurrent direct.
La gouvernance bloque. OpenAI veut l'autonomie totale sur ses choix de recherche et de déploiement. Nvidia exige un contrôle proportionnel à son investissement. Ni l'un ni l'autre ne cède.
Le pivot à 20 milliards
Le 3 février, Bloomberg rapporte que Nvidia négocie désormais un investissement de 20 milliards de dollars dans le prochain tour de table d'OpenAI — un cinquième du montant initial. Jensen Huang temporise : "Nous allons définitivement participer au prochain tour de financement, c'est un très bon investissement." Mais quand on lui demande si c'est 100 milliards : "Non, non, rien de tel."
La course aux alternatives
Pendant que Nvidia réduit la voilure, d'autres géants remplissent le vide :
- Amazon négocie un investissement de 50 milliards de dollars avec extension des accords cloud
- SoftBank vise une tranche de 30 milliards de dollars
- Nvidia investit 2 milliards supplémentaires dans CoreWeave, son client cloud — un deal circulaire où l'argent finance l'achat de ses propres puces
Sam Altman reste diplomate : "Nous adorons travailler avec Nvidia, ils fabriquent les meilleurs chips IA au monde. Nous espérons rester un client gigantesque très longtemps."
Ce que ça révèle
Cet échec illustre un basculement de pouvoir dans l'industrie IA. OpenAI, longtemps dépendant de Nvidia pour ses GPU, diversifie activement ses fournisseurs. La montée en puissance de l'inférence (vs l'entraînement) change la donne : les puces spécialisées d'AMD ou les ASIC custom deviennent des alternatives crédibles. Le monopole Nvidia sur le compute IA n'est plus aussi confortable.