Les chiffres sont historiques, mais Wall Street n'applaudit plus. Le 26 février, Nvidia a publié des résultats du quatrième trimestre fiscal 2026 qui dépassent toutes les attentes — et pourtant, l'action a chuté de 4,7 %.
Des chiffres vertigineux
Nvidia affiche un chiffre d'affaires trimestriel de 68,1 milliards de dollars, en hausse de 73 % sur un an et de 20 % par rapport au trimestre précédent. Le segment data center — cœur de la machine IA — représente à lui seul 62,3 Md$ (+75 % sur un an).
Sur l'exercice fiscal 2026 complet, le CA atteint 215,9 Md$ (+65 %). Le bénéfice net GAAP s'envole à 120 Md$ sur l'année, avec un BPA de 4,90 $. La marge brute se maintient à 75 %, un niveau exceptionnel pour un fabricant de semi-conducteurs.
Une guidance qui dépasse le consensus
Pour le premier trimestre fiscal 2027, Nvidia anticipe un CA de 78 Md$ (±2 %), contre 72,6 Md$ attendus par les analystes. Les engagements d'approvisionnement ont bondi de 50,3 Md$ à 95,2 Md$ en un trimestre, signe d'une demande toujours croissante.
Jensen Huang résume : « Le point d'inflexion de l'IA agentique est arrivé. Grace Blackwell avec NVLink est le roi de l'inférence — avec un coût par token réduit d'un ordre de grandeur. »
Le paradoxe boursier
Malgré ces performances, l'action Nvidia a reculé de 4,7 % le lendemain. Le Nasdaq a perdu 1,86 %, entraîné par une vague de ventes sur les valeurs IA : Broadcom (-6,7 %), Lam Research (-5,4 %), Applied Materials (-5,5 %).
Deux facteurs expliquent ce recul. D'abord, l'absence d'effet de surprise : quand le marché attend des résultats exceptionnels, les battre ne suffit plus. Ensuite, les craintes persistantes d'une bulle spéculative autour de l'IA. Le Nasdaq se dirige vers son pire mois depuis mars 2025.
Le signal derrière les chiffres
Nvidia reste la colonne vertébrale de la révolution IA. Ses GPU Blackwell alimentent les data centers d'AWS, Google Cloud, Microsoft Azure et les neoclouds comme CoreWeave. Mais le marché envoie un message : les résultats records ne garantissent plus la hausse du titre. L'ère de la valorisation « à l'aveugle » de l'IA semble toucher à sa fin.