285 milliards en une heure
Le 4 février 2026, à 10h EST, le Nasdaq Cloud Index s'effondre. En une heure de trading, 285 milliards de dollars de capitalisation s'évaporent. Le terme « SaaSpocalypse » — inventé par Jeffrey Favuzza, trader chez Jefferies — fait le tour de Wall Street.
Le déclencheur : les plugins « Agentic Execution » de Claude Cowork, lancés le 30 janvier par Anthropic. Des agents IA capables de se connecter aux outils d'entreprise, d'auditer des contrats, de gérer des pipelines de vente et d'écrire du code — sans intervention humaine.
Un carnage généralisé
Les dégâts touchent tous les segments du logiciel et des services :
| Secteur | Entreprise | Baisse |
|---|---|---|
| SaaS / CRM | Salesforce | -26 % YTD |
| SaaS / CRM | ServiceNow | -28 % YTD |
| SaaS / CRM | HubSpot | -39 % YTD |
| Design | Figma | -40 % YTD |
| Collaboration | Atlassian | -35 % YTD |
| Finance | Intuit | -34 % YTD |
| Juridique | Thomson Reuters | -16 % |
| Juridique | LegalZoom | -20 % |
| Data / Analytics | Gartner | -21 % |
| Publicité | WPP | -12 % |
| ERP | SAP | -33 % depuis le plus haut |
| SSII Inde | TCS, Infosys, Wipro | -6 à -7 % en une séance |
L'ETF iShares Software (IGV) chute de 20 % en 2026. Selon BTIG, « le logiciel a sous-performé les semi-conducteurs de 20 % en 20 jours — le plus grand écart depuis le pic de la bulle Internet en février 2000 ».
Le modèle SaaS en question
Le raisonnement des investisseurs est brutal : si un agent IA à 20 $/mois remplace le travail de 50 juniors, pourquoi payer des licences logicielles à des centaines de dollars par utilisateur ?
Les analystes de Jefferies préviennent : les services applicatifs représentent 40 à 70 % des revenus des ESN. L'IA sera « un frein à la croissance des revenus IT sur un à deux ans ». Le CTO de Palantir, Shyam Sankar, enfonce le clou en affirmant que l'IA peut compresser une migration SAP de plusieurs années à deux semaines.
Jim Cramer est encore plus alarmiste sur Mad Money : « Les éditeurs de logiciels vont se ratatiner et mourir dans un paysage dominé par l'IA. »
Panique exagérée ou signal structurel ?
Tous les analystes ne partagent pas ce catastrophisme. Michael O'Rourke (Jones Trading) tempère : « Je ne suis pas sûr que ce soit le disrupteur que le marché imagine. » SAP réplique que « les agents IA vont repousser les limites du SaaS, mais pas le remplacer ».
Les valorisations du secteur sont tombées à leur plus bas en 10 ans alors que les fondamentaux restent solides — un découplage rare qui pourrait signaler une opportunité d'achat, selon BTIG.
Pendant ce temps, les capitaux fuient vers les secteurs « résistants à l'IA » : biens de consommation, utilities, transport et immobilier. La rotation est en marche.