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SaaSpocalypse : 285 milliards de dollars envolés en 48 heures, l'IA fait trembler le SaaS

4 févr. 2026 3 min de lecture Paul Forcadel
SaaSpocalypse : 285 milliards de dollars envolés en 48 heures, l'IA fait trembler le SaaS

285 milliards en 48 heures

Les 3 et 4 février 2026, les marchés ont inventé un nouveau mot : la SaaSpocalypse. En 48 heures, 285 milliards de dollars de capitalisation se sont évaporés des valeurs logicielles mondiales. Sur un mois, les pertes dépassent 730 milliards — Microsoft seul a perdu plus de 450 milliards.

Les dégâts par entreprise depuis le début 2026 : Figma -40 %, HubSpot -39 %, Shopify -38 %, Atlassian -35 %, Intuit -34 %, SAP -33 %, ServiceNow -28 %, Salesforce -26 %. Thomson Reuters a chuté de 18 % en une seule journée, LegalZoom de 20 %. L'ETF iShares Software (IGV) recule de plus de 20 % depuis le début de l'année.

Trois déclencheurs simultanés

La chute résulte de la collision de trois forces :

1. Des résultats décevants — Les rapports Q4 2025 montrent des clients qui réduisent le nombre de sièges, pas qui en ajoutent.

2. Les modèles IA ont franchi un seuil — Claude Opus 4.5, GPT-5 et Gemini 3 Pro peuvent désormais exécuter des workflows professionnels complets de bout en bout.

3. Claude Cowork — Lancé le 12 janvier 2026, puis enrichi de 11 plugins open source le 30 janvier couvrant le juridique, la vente, la finance, le marketing et le support client. Les plugins démontrent que l'IA peut automatiser des catégories SaaS entières à un coût marginal quasi nul.

La mort du modèle au siège

Le cœur de la panique : le modèle de tarification au siège (per-seat). Si 10 agents IA font le travail de 100 commerciaux, on passe de 100 licences Salesforce à 10 — soit une chute de 90 % du revenu récurrent. Un client de Base44 a résilié un contrat Salesforce de 350 000 dollars par an pour le remplacer par une solution IA sur mesure.

Les coûts de développement logiciel ont chuté de 90 % grâce aux agents IA. Le temps moyen pour un MVP est passé de 6-18 mois à 2-12 semaines. IDC prévoit que 70 % des éditeurs abandonneront la tarification au siège d'ici 2028.

Les secteurs les plus exposés

Risque critique : support client, création de contenu, recherche juridique. Risque élevé : tableaux de bord analytiques, CRM simples. Risque modéré : outils développeurs. Risque plus faible : ERP entreprise.

Pendant que le SaaS plonge, les valeurs d'infrastructure IA (Nvidia, TSMC) progressent de +2,1 %.

Panique ou réalité ?

Les analystes sont divisés. Bank of America juge la vente « incohérente » — on ne peut pas simultanément craindre l'échec des investissements IA et la disruption IA de tout le logiciel. Arjun Bhatia (William Blair) considère la réaction « exagérée », rappelant que les éditeurs SaaS possèdent des données spécialisées et une expertise réglementaire difficiles à répliquer.

À l'inverse, Jim Cramer prévient d'une « obsolescence permanente » pour les éditeurs qui n'intègrent pas l'IA. La correction n'est peut-être pas temporaire — elle pourrait être structurelle.

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Sources

Références et articles originaux

Rédigé par

Paul Forcadel

Paul Forcadel

Fondateur & Rédacteur en chef

Passionné d'IA et de technologies émergentes, Paul décrypte les dernières avancées en intelligence artificielle pour les rendre accessibles à tous.

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