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Tiangong 3.0 : le premier humanoïde chinois capable de sentir ce qu'il touche

11 févr. 2026 3 min de lecture Paul Forcadel
Tiangong 3.0 : le premier humanoïde chinois capable de sentir ce qu'il touche

La Chine accélère dans la robotique humanoïde

Le 11 février 2026, le Beijing Humanoid Robot Innovation Center (X-Humanoid) présente Embodied Tiangong 3.0, la troisième génération de sa plateforme robotique humanoïde. Annonce phare : c'est le premier robot humanoïde pleine taille au monde doté d'un contrôle tactile interactif sur l'ensemble du corps.

Autrement dit, Tiangong 3.0 ne se contente pas de bouger — il sent ce qu'il touche et ajuste sa force en conséquence.

Les specs

Caractéristique Valeur
Taille 169 cm
Poids 62 kg
Degrés de liberté 43
Articulations Haute couple intégrées
Précision Millimétrique
Protocoles ROS2, MQTT, TCP/IP

Ce qu'il sait faire

Les démonstrations vont bien au-delà de la marche :

  • Parkour — Franchit des obstacles d'un mètre d'une seule main
  • Manipulation fine — Tourne de petits boutons, travaille dans des espaces confinés
  • Acrobatie — Saltos, danse, jonglage de balles de ping-pong
  • Endurance — La version précédente, Tiangong Ultra, a couru un semi-marathon en 2h40

La clé, c'est le retour tactile : chaque contact avec un objet ou un environnement est mesuré et intégré en temps réel dans la boucle de contrôle.

L'architecture « deux cerveaux »

Tiangong 3.0 tourne sur Huisi Kaiwu, une plateforme d'intelligence embodied propriétaire organisée en deux niveaux :

  • Petit cerveau — Contrôle moteur en temps réel (équilibre, locomotion, force)
  • Grand cerveau — Raisonnement de haut niveau (perception, planification, décision)

Cette architecture crée une boucle fermée perception → décision → exécution qui permet au robot d'opérer de manière totalement autonome, sans séquences préprogrammées. Le système supporte aussi la coordination multi-robots : un « cerveau » peut piloter plusieurs corps simultanément.

Open source : la stratégie chinoise

X-Humanoid adopte une approche ouverte et publie :

  • Les plans hardware du robot (blueprints mécaniques complets)
  • Pelican-VL — Un modèle vision-langage pour la perception robotique
  • RoboMIND — Un dataset d'entraînement pour l'intelligence embodied
  • Une plateforme de développement low-code pour abaisser la barrière d'entrée

L'objectif est explicite : standardiser l'écosystème robotique chinois, fragmenté entre des dizaines de startups qui développent chacune leur propre stack.

100 M$ et des ambitions industrielles

Le lancement accompagne un tour de financement commercial de 100 millions de dollars. X-Humanoid vise le déploiement dans les usines et entrepôts chinois, en s'appuyant sur la scalabilité « un cerveau, plusieurs robots ».

Le contexte est brûlant : Goldman Sachs projette un marché de la robotique humanoïde à 38 milliards de dollars d'ici 2035. En Occident, Figure AI (39 Md$ de valorisation), Boston Dynamics (Atlas en production) et Tesla (Optimus) se battent pour la même promesse.

Mais la Chine joue une carte différente : l'open source comme arme d'adoption massive. Là où Tesla garde Optimus fermé et Figure AI protège sa propriété intellectuelle, X-Humanoid publie tout — et parie que le volume fera la différence.

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Sources

Références et articles originaux

Rédigé par

Paul Forcadel

Paul Forcadel

Fondateur & Rédacteur en chef

Passionné d'IA et de technologies émergentes, Paul décrypte les dernières avancées en intelligence artificielle pour les rendre accessibles à tous.

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