Une bibliothèque réécrite de zéro par IA
Dan Blanchard, mainteneur de chardet depuis plus de dix ans, a utilisé Claude d'Anthropic pour réécrire intégralement cette bibliothèque Python de détection d'encodage de caractères. Le résultat : chardet 7.0, livré en cinq jours, 48 fois plus rapide que la version 6.0, avec une précision de 96,8 % sur 49 langues et 99 encodages. Une bibliothèque téléchargée 130 millions de fois par mois.
Le changement de licence qui fait débat
Le vrai séisme n'est pas technique mais juridique. Blanchard a changé la licence de LGPL (copyleft) à MIT (permissive), arguant que le code produit par Claude constitue une « clean room implementation » avec moins de 1,3 % de similarité avec l'ancien code (contre 80-93 % entre les versions précédentes).
Mark Pilgrim, créateur original de chardet en 2006, conteste : « Le code sous licence, quand il est modifié, doit être publié sous la même licence LGPL. » La Free Software Foundation, par la voix de Zoë Kooyman, avertit : « Il n'y a rien de clean dans un LLM qui a ingéré le code qu'on lui demande de réimplémenter. »
Le paradoxe juridique de l'IA
Le 2 mars 2026, la Cour suprême des États-Unis a refusé d'examiner un appel sur le copyright du contenu IA, consolidant l'exigence d'un « auteur humain ». Cela crée un paradoxe : si le code généré par IA ne peut pas être protégé par le copyright, alors la licence MIT elle-même pourrait être juridiquement invalide. Si le code est considéré comme dérivé, il reste soumis à la LGPL.
Un précédent pour tout l'open source
Armin Ronacher, créateur de Flask, accueille favorablement le changement. Bruce Perens, cofondateur de l'Open Source Initiative, va plus loin : « L'économie du développement logiciel est morte. » Si un développeur peut contourner le copyleft en cinq jours avec un agent IA, la question dépasse chardet : c'est le modèle même des licences open source qui est remis en cause.