Lors de la présentation des résultats du Q4 2025 le 13 février, Brian Chesky a détaillé la feuille de route IA d'Airbnb. L'ambition : transformer l'application en plateforme IA-native capable de planifier un voyage entier, pas seulement chercher un logement.
« L'app ne cherche pas pour vous. Elle vous connaît. »
La formule du CEO résume le virage : Airbnb veut passer d'un moteur de recherche de logements à un concierge de voyage intelligent. L'IA aidera les voyageurs à planifier leur séjour complet, les hôtes à mieux gérer leur activité, et l'entreprise à fonctionner plus efficacement.
La recherche conversationnelle — décrire ses besoins en langage naturel au lieu de cocher des filtres — est déjà en test sur une portion limitée du trafic. L'objectif : remplacer l'expérience transactionnelle par une expérience agentique capable d'exécuter des tâches (annulations, nouvelles réservations, modifications).
13 modèles IA et un CTO de choc
Côté technique, Airbnb ne mise pas sur un seul modèle. L'agent de support client repose sur 13 modèles différents, entraînés sur des dizaines de milliers de conversations. La plateforme utilise des fondations comme ChatGPT, Gemini et Claude, puis les spécialise pour le voyage avec ses propres données d'interactions et d'avis.
Pour piloter cette transformation, Airbnb a recruté Ahmad Al-Dahle comme CTO en janvier 2026. Son CV : 16 ans chez Apple, puis responsable de l'équipe IA générative de Meta — celle qui a construit les modèles Llama.
Le support client comme terrain d'essai
L'IA est déjà opérationnelle sur un front : le support client. Lancé en mai 2025 en Amérique du Nord, le chatbot IA gère désormais un tiers des demandes sans intervention humaine, avec une réduction de 15 % des interactions avec des agents. Le service fonctionne en anglais, français et espagnol (US, Canada, Mexique), avec un déploiement mondial prévu en 2026.
80 % des ingénieurs d'Airbnb utilisent déjà des outils IA au quotidien — un signal fort sur l'intégration de l'IA dans la culture de l'entreprise, pas seulement dans le produit.
Un pari sans capex massif
Contrairement aux géants qui investissent des centaines de milliards en infrastructure IA, Airbnb mise sur la spécialisation de modèles existants plutôt que sur l'entraînement de modèles propriétaires. Chesky table sur une croissance du chiffre d'affaires à deux chiffres bas en 2026, tirée par l'IA — le tout sans engagement massif en capital.
Détail révélateur : le trafic venant du chat IA convertit mieux que celui de Google. Si l'expérience agentique tient ses promesses, Airbnb pourrait redéfinir la façon dont on planifie un voyage — et surtout, contourner la dépendance à Google pour l'acquisition de clients.