La première émulation cérébrale complète
Le 7 mars 2026, la startup Eon Systems a présenté une démonstration historique : le cerveau complet d'une mouche drosophile, copié neurone par neurone, fait marcher un corps virtuel dans une simulation physique. C'est la première fois qu'un cerveau biologique émulé pilote un organisme simulé avec une boucle sensorimotrice fermée.
125 000 neurones, 50 millions de synapses
Le cerveau de Drosophila melanogaster contient 125 000 neurones reliés par 50 millions de connexions synaptiques. Sa cartographie complète, le connectome, a été réalisée par le projet FlyWire à partir de 21 millions d'images de microscopie électronique, nécessitant 33 personnes-années de corrections humaines.
Eon Systems a transformé cette carte en programme informatique fonctionnel grâce au moteur physique MuJoCo et au framework NeuroMechFly v2. Résultat : « a copy of a biological brain, wired neuron-to-neuron from electron microscopy data, running in simulation, making a body move », résume le fondateur Alex Wissner-Gross.
Pas d'IA, pas d'entraînement
Contrairement aux réseaux de neurones artificiels, cette émulation n'utilise aucun apprentissage automatique pour générer les comportements. Les connexions sont celles du cerveau réel, identifiées par microscopie. La mouche virtuelle marche, se nourrit, se toilette — sans qu'on lui ait appris. Un modèle antérieur, publié dans Nature en 2024 par le scientifique Philip Shiu, prédisait déjà les comportements moteurs avec 95 % de précision.
Du cerveau de mouche au cerveau humain
Eon Systems vise désormais l'émulation complète d'un cerveau de souris — 70 millions de neurones, soit 560 fois plus que la mouche — sous deux ans. Le projet MICrONS a déjà cartographié 200 000 neurones dans 1 mm³ de cortex visuel murin.
La feuille de route à long terme pointe vers le cerveau humain et ses 86 milliards de neurones. Une perspective qui relance les débats sur le mind uploading et la nature de la conscience : si un cerveau copié dans un ordinateur se comporte comme l'original, où commence l'esprit ?