L'India AI Impact Summit s'est ouvert le 16 février à New Delhi pour cinq jours de discussions sur la gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle. C'est le premier sommet de cette ampleur organisé par un pays du Sud global — un an après le Sommet de Paris co-présidé par Macron et Modi.
Un sommet massif
Plus de 100 pays participent, avec environ 35 chefs d'État ou de gouvernement — dont Emmanuel Macron, le président brésilien Lula, et des dirigeants d'Espagne, de Suisse, des Pays-Bas et d'Estonie. Côté tech, Sundar Pichai (Google), Dario Amodei (Anthropic), Jensen Huang (Nvidia) et Sam Altman (OpenAI) sont présents.
L'événement comprend plus de 700 sessions et une exposition de 300 exposants sur 70 000 m², couvrant les applications concrètes de l'IA en santé, éducation, agriculture et gouvernance.
Trois « Sutras », sept « Chakras »
L'architecture du sommet s'appuie sur trois principes directeurs :
- People : une IA respectueuse des diversités culturelles et linguistiques
- Planet : des modèles sobres en ressources, contribuant à la résilience climatique
- Progress : démocratisation des ressources clés — données, calcul, compétences
Ces principes se déclinent en sept groupes de travail (les « Chakras ») : formation, inclusion, sécurité, résilience, recherche, démocratisation des ressources et croissance économique.
La « quatrième voie » de l'Inde
Selon l'IRIS, l'Inde trace une voie distincte de celles des États-Unis (innovation libre), de la Chine (contrôle étatique) et de l'UE (régulation par les droits). New Delhi veut replacer les utilisateurs d'IA — individus et nations — au centre du débat, plutôt que les seuls producteurs de modèles.
C'est aussi un repositionnement géopolitique : l'Inde se pose en porte-parole légitime des pays en développement, dans la continuité de sa présidence du G20 en 2023. La question de l'accès au calcul et aux données pour le Sud global devrait dominer les échanges.
Vers une déclaration commune
Le sommet doit aboutir le 20 février à l'adoption d'une déclaration conjointe sur la gouvernance de l'IA. L'Inde devrait aussi dévoiler 12 modèles de fondation développés par des startups et consortiums indiens — un signal clair de ses ambitions dans la course à l'IA.