À 24 ans, Leopold Aschenbrenner gère 5,5 milliards de dollars d'exposition en actions américaines via son fonds Situational Awareness LP. L'ancien chercheur d'OpenAI — viré après un an — a bâti le premier hedge fund entièrement construit autour de la thèse de l'intelligence artificielle générale (AGI).
Parier sur l'énergie, pas les modèles
La thèse d'Aschenbrenner est contre-intuitive : les goulots d'étranglement de l'IA ne seront pas les algorithmes mais l'électricité et la capacité de calcul. Son portefeuille (~30 positions) reflète cette conviction :
- Production d'énergie : Vistra Energy, Constellation Energy, Bloom Energy (plus grosse position)
- Semi-conducteurs : Intel, Broadcom, VanEck Semiconductor ETF
- Infrastructure data / crypto-mining : Core Scientific, IREN, Applied Digital, CoreWeave, Cipher Mining
Pas de positions directes dans les labos IA (OpenAI, Anthropic, Google) — Aschenbrenner mise sur l'infrastructure qui les alimente.
De Columbia à 5,5 milliards
Le parcours est fulgurant. Diplômé de Columbia, passage éclair chez OpenAI, puis un essai publié en 2024 — « Situational Awareness: The Decade Ahead » — qui devient le manifeste du fonds. Les premiers investisseurs incluent Nat Friedman (ex-CEO GitHub), Daniel Gross et les cofondateurs de Stripe, Patrick et John Collison.
Aschenbrenner a investi « la quasi-totalité de sa fortune personnelle » dans le fonds. L'exposition est passée de 1,5 milliard à 5,5 milliards de dollars en quelques mois, portée par la hausse des valeurs énergétiques et semi-conducteurs liées à l'IA.
Un pari sur la physique de l'IA
Le fonds incarne une tendance émergente à Wall Street : les investisseurs cessent de parier sur les modèles IA eux-mêmes et se tournent vers les « pelles et les pioches » — énergie, puces, infrastructure de refroidissement. Avec les data centers qui consommeront jusqu'à 17 % de l'électricité américaine d'ici 2030, la thèse d'Aschenbrenner trouve sa confirmation dans les chiffres.