Fait rare dans la Silicon Valley : des employés de Google DeepMind et OpenAI font front commun pour défendre leur concurrent Anthropic face au département de la Défense américain.
Un amicus brief inédit
Le 9 mars 2026, plus de 30 employés d'OpenAI et Google DeepMind ont déposé un mémoire amicus curiae auprès du tribunal fédéral, soutenant les deux plaintes d'Anthropic contre le DOD. Leur argument principal : la désignation d'Anthropic comme « risque supply chain » est un usage arbitraire et abusif du pouvoir qui menace l'ensemble de l'industrie IA américaine.
Quelques semaines plus tôt, une lettre ouverte avait déjà recueilli les signatures de 366 employés Google et 70 employés OpenAI, soit plus de 430 signataires au total.
Le fil des événements
Le conflit a démarré quand le Pentagone a exigé qu'Anthropic autorise l'utilisation de Claude pour de la surveillance de masse domestique et des armes létales autonomes. Face au refus de Dario Amodei, le DOD a :
- Menacé d'invoquer le Defense Production Act (loi de 1950)
- Rescindé un contrat de 200 millions de dollars
- Désigné Anthropic comme risque supply chain — un label habituellement réservé aux adversaires étrangers
Le Pentagone s'est ensuite tourné vers OpenAI pour remplacer Anthropic, une ironie que le mémoire ne manque pas de souligner.
Des lignes rouges partagées
Le soutien des employés concurrents révèle un consensus émergent dans l'industrie IA. Les signataires estiment que certaines utilisations militaires franchissent des lignes rouges :
- Surveillance de masse des citoyens américains
- Armes autonomes sans contrôle humain
Sam Altman lui-même a déclaré que le Pentagone ne devrait pas menacer d'appliquer une loi de 1950 à Anthropic, qualifiant la surveillance de masse et les armes autonomes de « lignes rouges » pour OpenAI aussi.
Un précédent historique
Cet épisode rappelle le Project Maven de 2018, quand des milliers d'employés Google avaient forcé l'entreprise à renoncer à un contrat d'analyse d'images de drones pour le Pentagone. Huit ans plus tard, la question de l'IA militaire divise toujours la Silicon Valley — mais cette fois, les concurrents se serrent les coudes.