Une mobilisation sans précédent
Le 28 février 2026, une lettre ouverte intitulée « We Will Not Be Divided » a commencé à circuler parmi les employés de Google et OpenAI. En quelques jours, elle a recueilli près de 900 signatures : environ 800 chez Google et une centaine chez OpenAI. Des employés de Salesforce, Databricks, IBM et Cursor ont signé une lettre parallèle.
Deux lignes rouges
Les signataires demandent que leurs entreprises fixent des limites claires sur deux points : l'interdiction de la surveillance de masse des citoyens américains et le refus des systèmes d'armes létales entièrement autonomes. Jeff Dean, directeur scientifique de Google, a reconnu que la surveillance de masse « viole le quatrième amendement ».
Le Pentagone accusé de diviser pour régner
La lettre dénonce une stratégie du Département de la Défense visant à monter les entreprises IA les unes contre les autres. Après qu'Anthropic a refusé de fournir Claude pour la surveillance et les armes autonomes, le Pentagone l'a classé « risque supply chain » et a menacé d'invoquer le Defense Production Act pour forcer l'accès aux modèles IA.
Des réponses divergentes
Les entreprises n'ont pas réagi de la même manière. Anthropic a maintenu son refus. OpenAI a signé un accord avec le Département de la Défense — son CEO Sam Altman affirmant que le DoD « accepte ces principes » sur la surveillance et les armes. Google discute le déploiement de Gemini dans des systèmes classifiés. xAI a ouvert l'accès à Grok pour la défense.
L'écho de Project Maven
Cette mobilisation rappelle 2018, quand des milliers d'employés Google avaient protesté contre Project Maven, un contrat de reconnaissance d'images pour l'armée. Mais le contexte a changé : en 2024, Google a licencié plus de 50 employés qui protestaient contre le projet Nimbus avec Israël. Le rapport de force s'est inversé.