Le bras de fer entre Anthropic et le Pentagone a atteint son dénouement ce vendredi 28 février. Comme nous l'expliquions dans notre article sur l'ultimatum, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait fixé un deadline à 17h01 ET.
Anthropic ne cède pas
Dario Amodei a publié un communiqué officiel sans ambiguïté : "Nous ne pouvons pas en conscience accéder à leur demande." Il rappelle qu'Anthropic a été la première entreprise IA déployée sur les réseaux classifiés du Pentagone et a sacrifié plusieurs centaines de millions de dollars de revenus en coupant l'accès aux entités liées au PCC.
Ses deux lignes rouges restent inchangées : pas de surveillance de masse des citoyens américains, pas d'armes autonomes sans supervision humaine.
Trump frappe
Le président Trump a annoncé vendredi après-midi sur Truth Social l'ordre aux agences fédérales de cesser d'utiliser les produits Anthropic dans un délai de 6 mois. Hegseth a ajouté sur X qu'Anthropic serait désigné "supply chain risk" — un label habituellement réservé aux entreprises considérées comme des extensions d'adversaires étrangers (Huawei, Kaspersky...).
Le contrat classifié d'Anthropic avec le Pentagone, évalué à 200 M$, est résilié.
Le Pentagone dit avoir fait des concessions
Le CTO du Pentagone Emil Michael affirme avoir proposé des compromis : reconnaissance écrite des lois existantes contre la surveillance, mention des politiques d'armes autonomes, et une invitation au comité d'éthique IA. Sa position : "À un certain niveau, il faut faire confiance à votre armée pour faire ce qui est juste."
L'industrie réagit
Des employés d'OpenAI et Google ont publiquement soutenu la position d'Anthropic. Le général à la retraite Jack Shanahan a qualifié l'approche du Pentagone de "contre-productive". Geoffrey Gertz (Center for a New American Security) pointe la contradiction : traiter Anthropic comme un risque sécuritaire tout en voulant forcer sa participation.
Et maintenant ?
Anthropic a proposé de faciliter une transition vers un autre fournisseur. Le Pentagone développe des partenariats avec des alternatives — dont Grok, adopté cette même semaine malgré les alertes de sécurité fédérales. Le contraste est saisissant.