Quelques heures après que le président Trump a ordonné l'arrêt de toute utilisation d'Anthropic par les agences fédérales, OpenAI a annoncé avoir conclu un accord avec le Pentagone pour déployer ses modèles sur les réseaux classifiés. La réaction du public ne s'est pas fait attendre : un mouvement de boycott massif secoue l'industrie de l'IA.
OpenAI remplace Anthropic au Pentagone
Le 28 février, Sam Altman a révélé sur X que OpenAI avait signé un contrat de défense pouvant atteindre 200 millions de dollars. Le PDG affirme partager les « lignes rouges » d'Anthropic : interdiction de la surveillance de masse domestique et responsabilité humaine pour l'usage de la force. « La sécurité de l'IA et la distribution large de ses bénéfices sont au cœur de notre mission », a-t-il déclaré à Fox Business.
Altman a toutefois admis avoir accepté la surveillance de ressortissants étrangers « malgré un certain inconfort ». Il a aussi qualifié le rejet d'Anthropic de stratégie focalisée sur « des interdictions contractuelles spécifiques plutôt que sur les lois applicables ».
225 employés signent contre l'IA militaire
Une lettre ouverte intitulée « We Will Not Be Divided » a recueilli les signatures de 175 employés de Google et 50 d'OpenAI. Ils demandent l'interdiction de l'utilisation de l'IA pour la surveillance domestique de masse et les armes autonomes sans supervision humaine — exactement les garde-fous qu'Anthropic avait exigés.
Le mouvement #CancelChatGPT explose
Le site quitgpt.org revendique 1,5 million de participants : annulations d'abonnements, partages sur les réseaux sociaux et inscriptions à la campagne. Une manifestation est prévue le 3 mars devant le siège d'OpenAI à San Francisco. La pop star Katy Perry a partagé la page de tarifs de Claude sur X, amplifiant la visibilité du mouvement.
Claude n°1, ChatGPT en recul
Résultat immédiat : l'application Claude d'Anthropic est passée en tête des téléchargements productivité sur l'App Store aux États-Unis, au Canada et en Allemagne. Le subreddit r/ChatGPT s'est rempli de captures d'écran de résiliations, et le site CancelChatGPT.com a été créé pour faciliter la migration.
Et maintenant ?
L'affaire illustre un tournant : les utilisateurs ne sont plus passifs face aux choix éthiques des entreprises d'IA. Alors que le Pentagone dispose de six mois pour cesser d'utiliser les outils d'Anthropic, la question reste ouverte : les garde-fous d'OpenAI résisteront-ils à la pression militaire, comme Grok n'a pas su le faire ?