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IA et business : ce qui s'est passé en février 2026

2 mars 2026 4 min de lecture Paul Forcadel
IA et business : ce qui s'est passé en février 2026

Si vous n'avez pas suivi l'actualité IA en février, vous avez raté un mois historique. Des centaines de milliards investis, des entreprises de logiciels qui perdent la moitié de leur valeur en bourse, et la France qui s'impose comme un acteur sérieux. On vous résume tout.

Des levées de fonds jamais vues

Pour comprendre l'ampleur du phénomène, il faut regarder les chiffres. En un seul mois, les entreprises d'IA ont levé plus de 500 milliards de dollars — c'est plus que le PIB de la Belgique.

OpenAI, la société derrière ChatGPT, a récolté 110 milliards de dollars auprès d'Amazon (50 Md$), Nvidia (le fabricant de puces IA) et SoftBank (un fonds japonais). Avec cette opération, OpenAI vaut désormais 730 milliards — plus que des géants comme Coca-Cola ou Samsung.

Son principal rival Anthropic, créateur de l'assistant Claude, a levé 30 milliards. Ses revenus ont été multipliés par 10 en trois ans. Plus surprenant, Waymo (les taxis autonomes de Google) a levé 16 milliards, et Harvey AI, une startup qui automatise le travail juridique, est valorisée 11 milliards alors qu'elle n'a que trois ans d'existence.

Entreprise Montant levé Valorisation Activité
OpenAI 110 Md$ 730 Md$ ChatGPT, agents IA
Anthropic 30 Md$ 380 Md$ Claude, sécurité IA
Waymo 16 Md$ 126 Md$ Taxis autonomes
World Labs 1 Md$ Mondes 3D générés par IA
Harvey AI 200 M$ 11 Md$ IA juridique

Et la plus grosse opération du mois ne figure même pas dans ce tableau : SpaceX a racheté xAI (l'entreprise IA d'Elon Musk) pour 1 250 milliards, fusionnant fusées et intelligence artificielle.

La guerre des puces : qui fournira la puissance ?

L'IA a besoin de puces spécialisées (appelées GPU) pour fonctionner. Ces puces sont devenues la ressource la plus convoitée de la planète — et les géants de la tech se battent pour en sécuriser l'accès.

Meta (Facebook, Instagram) a signé un contrat colossal de 100 milliards de dollars avec AMD pour ses puces de nouvelle génération. Dans la foulée, Meta a aussi loué les puces de Google et abandonné le développement de sa propre puce — signe que fabriquer du matériel IA est devenu trop complexe, même pour un géant.

De son côté, Nvidia — le leader incontesté des puces IA — a publié un trimestre record à 68 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Pourtant, son action a chuté de 4,7 % : les investisseurs craignent que le pic soit atteint.

Au total, Amazon, Google, Microsoft et Meta prévoient 700 milliards de dépenses en infrastructures IA en 2026 — centres de données, câbles, serveurs, refroidissement. Alphabet (maison mère de Google) a même emprunté 32 milliards en 24 heures pour financer sa part, incluant une obligation remboursable dans... 100 ans. Et quand le réseau électrique ne suit plus, la Silicon Valley construit le sien : 47 projets de centrales privées sont en cours aux États-Unis.

Le logiciel traditionnel vacille

C'est peut-être l'événement le plus marquant du mois pour le grand public. Le 4 février, quand Anthropic a lancé des plugins permettant à Claude de remplacer des logiciels professionnels coûteux, la bourse a paniqué. En 48 heures, les éditeurs de logiciels ont perdu 285 milliards de dollars en valeur boursière. Figma (design) : -40 %. HubSpot (marketing) : -39 %. Salesforce (CRM) : -26 %.

La logique est simple et brutale : pourquoi payer 500 € par mois pour un logiciel quand une IA à 20 € fait le même travail ?

Le phénomène s'est étendu à d'autres secteurs. Claude Security (un outil de détection de failles) a fait chuter CrowdStrike de 18 %. Hazel AI, un outil de conseil fiscal à 60 $/mois, a secoué les actions des géants de la gestion de patrimoine. Block (la fintech de Jack Dorsey) a licencié 40 % de ses employés en invoquant l'IA — et son action a grimpé de 25 %.

Événement Impact boursier
Lancement Claude Cowork SaaS : -285 Md$ en 48h
Claude Security CrowdStrike -18 %, Cloudflare -10 %
Hazel AI (fiscal) LPL -8 %, Schwab -6 %
Licenciements Block Action Block +25 %

Au total, plus de 30 000 emplois tech ont été supprimés en six semaines. Et LinkedIn a perdu 60 % de son trafic professionnel, aspiré par les résultats IA de Google et ChatGPT.

La France s'impose

Bonne nouvelle pour l'Hexagone : la France a enchaîné les annonces qui comptent.

Mistral AI, le champion français de l'IA, a eu un mois exceptionnel : partenariat avec Accenture pour déployer ses modèles auprès de 350 000 consultants, investissement de 1,2 milliard d'euros dans un data center en Suède et première acquisition avec la startup Koyeb.

Station F a lancé F/ai, un accélérateur inédit qui réunit pour la première fois OpenAI, Anthropic, Google et Mistral dans un même programme — à Paris. Naval Group et Thales ont créé ensemble une alliance IA pour la défense navale.

Mais tout n'est pas rose : selon le mapping annuel de France Digitale, la France compte 1 114 startups IA et 50 000 emplois dans le secteur — ce qui en fait le leader européen — mais moins d'un tiers de ces startups est rentable.

Pourquoi tout s'accélère maintenant ?

Un chiffre explique l'ensemble de ces bouleversements : les coûts d'utilisation de l'IA ont chuté de 90 % grâce aux nouvelles puces Nvidia et aux modèles open source (gratuits et libres de droits).

Quand faire tourner une IA coûte dix fois moins cher qu'il y a un an, tout devient possible : remplacer des logiciels, automatiser des métiers, créer des produits qui n'existaient pas. C'est cette baisse des coûts qui alimente les levées records, justifie les investissements massifs en infrastructure et menace les entreprises traditionnelles.

Mars s'annonce tout aussi chargé. On vous tient au courant.

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Sources

Références et articles originaux

Rédigé par

Paul Forcadel

Paul Forcadel

Fondateur & Rédacteur en chef

Passionné d'IA et de technologies émergentes, Paul décrypte les dernières avancées en intelligence artificielle pour les rendre accessibles à tous.

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